Glossaire

"Ce glossaire vise à déplacer l'usage courant de certains termes afin d'éviter que des cadres disciplinaires préexistants ne viennent recouvrir l'expérience relationnelle ici envisagée : ne pas expliquer le lien mais rendre lisible son mouvement."

Lien

Le lien n’est ni un objet, ni un simple rapport entre individus. Il désigne la dynamique relationnelle vivante à partir de laquelle émergent les positions, les affects, les significations et le actions. Le lien précède les entités qu’il relie et ne se réduit jamais à leur somme.

Relation

La relation est une forme momentanée du lien, une configuration observable et située. Elle n’est jamais fixe, toujours en transformation, et dépend des conditions internes et externes qui la traversent.

Polarité

Une polarité n’est pas une opposition morale ou logique. Elle désigne une tension orientée au sein du lien : attraction, répulsion, équilibre, déséquilibre, neutralisation. Toute polarité est contextuelle et potentiellement transformable.

Polarité interne

La polarité interne désigne la dynamique relationnelle telle qu’elle est vécue à l’intérieur du sujet : dans le corps, la conscience, l’attention. Elle n’est pas privée du lien : elle en est une modalité située.

Polarité externe

La polarité externe désigne la dynamique relationnelle telle qu’elle se manifeste dans l’interaction avec l’environnement, les autres, les situations. Elle est souvent le lieu où se déposent des tensions internes non reconnues.

Polarité médiatrice

La polarité médiatrice est la capacité à ajuster le lien sans basculer dans l’automatisme ni l’affrontement. Elle ne supprime pas la tension, mais la rend vivable et opérante. Elle constitue le cœur de la praxis relatiologique.

Affect

L’affect n’est pas la cause du lien mais une modalité de son mouvement. Il indique une variation de tension, d’orientation ou de stabilité dans la relation. Nommer un affect ne suffit pas à transformer le lien qui le produit.

Corps interne

Le corps interne désigne l’ensemble des manifestations incarnées du lien : sensations, tensions, élans, fatigues, contractions. Il est souvent le premier lieu où se signale une polarité non reconnue.

Corps externe

Le corps externe désigne le corps engagé dans l’espace relationnel : posture, gestes, présence, distance, rythmes. Il participe activement à la modulation du lien, même sans parole.

Conscience

La conscience n’est pas un observateur neutre. Elle est un outil d’ajustement du lien, permettant d’orienter l’attention, de reconnaître une polarité, de suspendre un automatisme.

Ontologie

Dans le cadre de la relatiologie, l’ontologie ne désigne pas une spéculation abstraite sur l’être, mais le plan de réalité à partir duquel l’expérience humaine est abordée.

Phénoménologie

La phénoménologie, en relatiologie, ne consiste pas à analyser des états mentaux ou à interpréter des expériences, mais à décrire le vécu relationnel tel qu’il se manifeste avant qu’il ne soit expliqué ou justifié.

Sens

Le sens n’est pas donné à la relation. Il émerge du mouvement du lien, souvent après coup. Chercher à imposer un sens prématuré peut figer ou neutraliser la dynamique relationnelle.

Résonance

La résonance désigne l’activation d’une polarité interne à l’occasion d’un lien externe. Elle n’indique ni une faute, ni une fragilité, mais un point de sensibilité relationnelle encore en mouvement.

Neutralisation

La neutralisation est une forme de polarité où le lien perd sa capacité de mouvement : ni attraction, ni répulsion, mais suspension, figement ou saturation. Elle peut être protectrice ou appauvrissante selon le contexte.

Praxis relatiologique

La praxis relatiologique désigne l’acte situé par lequel une personne agit dans et avec le lien, sans chercher ni à le maîtriser, ni à s’y substituer. Elle repose sur le discernement, la présence et l’ajustement, et ne se réduit pas à une technique.

Lecture vivante

La lecture vivante est la lecture du lien depuis l’intérieur de l’expérience, lorsque le sujet est engagé, affecté, exposé. Elle privilégie l’écoute du mouvement avant toute interprétation.

Lecture extérieure

La lecture extérieure est la lecture du lien depuis une position de retrait, permettant d’en discerner la structure, les polarités et les effets. Elle ne remplace pas la lecture vivante mais la complète.